Accueil · Programme · Thème 7

Instruments financiers et crypto-actifs

Thème 7 du programme · mis à jour le 4 novembre 2026

Ce thème pèse 21 questions sur 120, soit 21 en bloc C. Toutes ses questions relèvent du bloc C, la culture financière.

§ 7.1 · bloc C · 3 questions

Instruments financiers et couple risque/rendement

Chaque instrument financier expose l'investisseur à une combinaison de risques distincts, qu'il faut savoir identifier au-delà du seul risque de marché.

  • Risque de défaut (ou risque de crédit) : risque que l'émetteur ne rembourse pas tout ou partie de ses engagements.
  • Risque de marché : risque de perte lié à la variation du cours de l'instrument.
  • Risque de liquidité : risque de ne pas pouvoir revendre l'actif rapidement sans décote significative.
  • Risque opérationnel : dysfonctionnement du règlement-livraison, indisponibilité des systèmes d'information, fraude (dont cybercriminalité).
  • Les biens divers et placements atypiques (vin, forêts, œuvres d'art...) cumulent souvent illiquidité, absence de valorisation de marché fiable et risques spécifiques à leur nature.
Piège

Le piège classique

Réduire le risque d'un placement au seul risque de marché (variation de cours) : le risque de liquidité et le risque opérationnel sont tout aussi réels, en particulier sur les actifs non cotés.

Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §7.1

§ 7.2 · bloc C · 3 questions

Actions : types, valorisation, volatilité

L'action représente une part du capital d'une société et confère des droits pécuniaires (dividende) et politiques (vote).

  • Actions ordinaires : droit de vote, dividende non garanti, dernier rang en cas de liquidation.
  • Actions de préférence : droits aménagés (dividende prioritaire, sans droit de vote par exemple), régies par le Code de commerce.
  • Le PER (Price Earning Ratio, ou P/E) rapporte le cours de l'action au bénéfice par action ; un PER élevé traduit des anticipations de croissance fortes, ou une valorisation exigeante.
  • La volatilité mesure l'amplitude des variations de cours ; elle est un indicateur de risque, pas de rendement attendu.
Piège

Le piège classique

Croire qu'un PER élevé signifie automatiquement que l'action est surévaluée : il peut aussi refléter des perspectives de croissance élevées justifiées par le marché.

Source : Code de commerce, articles L. 228-11 et suivants ; instruction AMF DOC-2010-09, §7.2

§ 7.3 · bloc C · 3 questions

Obligations : types, valorisation, sensibilité

L'obligation est un titre de créance donnant droit à un coupon périodique et au remboursement du nominal à l'échéance.

  • Le prix d'une obligation varie en sens inverse du taux d'intérêt exigé par le marché.
  • Le taux de rendement actuariel intègre le coupon et l'écart entre le prix d'achat et le remboursement à l'échéance.
  • La sensibilité mesure la variation relative du prix de l'obligation pour une variation donnée du taux d'intérêt : plus la maturité est longue, plus la sensibilité est en principe élevée.
  • Une obligation notée en catégorie spéculative (high yield) offre un rendement plus élevé en contrepartie d'un risque de défaut plus important.
Piège

Le piège classique

Oublier que plus la maturité d'une obligation est longue, plus sa sensibilité aux variations de taux est élevée, à coupon égal.

Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §7.3

§ 7.4 · bloc C · 2 questions

Titres de créances négociables et marché monétaire

Les titres de créances négociables (TCN) sont des instruments de dette à court ou moyen terme émis par des entreprises, banques ou l'État.

  • Court terme : NEU CP (billets de trésorerie), émis pour quelques jours à un an.
  • Moyen terme : NEU MTN, émis pour une durée supérieure à un an.
  • L'Euribor et l'ESTER sont des indices de référence du marché monétaire en euros, utilisés notamment pour indexer des taux variables.
  • L'ESTER (Euro Short-Term Rate), publié par la BCE, a progressivement remplacé l'EONIA comme taux de référence au jour le jour.
Piège

Le piège classique

Confondre Euribor (taux interbancaire à plusieurs échéances, de la semaine à 12 mois) et ESTER (taux au jour le jour) : ce ne sont pas des indices interchangeables.

Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §7.4

§ 7.5 · bloc C · 1 question

Titres hybrides et composés

Certains titres combinent les caractéristiques de la dette et du capital, ou intègrent une option.

  • Obligation convertible : obligation classique assortie d'une option de conversion en actions de l'émetteur, à des conditions définies à l'émission.
  • Bon de souscription : droit d'acheter, à un prix et pendant une période déterminés, une action ou une obligation nouvelle.
  • Titre subordonné : en cas de liquidation, son remboursement intervient après celui des créanciers chirographaires (ordinaires), ce qui en fait un titre plus risqué mais mieux rémunéré.
  • EMTN structuré (Euro Medium Term Note) : titre de dette dont le rendement est indexé sur la performance d'un sous-jacent (indice, panier d'actions...), souvent assorti de mécanismes de protection partielle du capital.
Piège

Le piège classique

Croire qu'un titre subordonné offre la même sécurité qu'une obligation senior classique : son rang de remboursement inférieur en cas de défaut en fait un instrument nettement plus risqué.

Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §7.5

§ 7.6 · bloc C · 2 questions

Autres instruments et supports

Certains supports de placement ne sont pas des instruments financiers au sens strict mais relèvent de logiques réglementaires voisines.

  • Le contrat d'assurance-vie est un produit d'assurance, pas un instrument financier, mais peut être investi en unités de compte adossées à des instruments financiers.
  • Le compte à terme est un produit bancaire de dépôt rémunéré, bloqué pour une durée donnée.
  • Les parts sociales des banques coopératives donnent accès au sociétariat, sans être cotées sur un marché.
  • Les parts ou actions d'organismes de titrisation permettent de refinancer des créances (crédits, factures) en les transformant en titres négociables.
Piège

Le piège classique

Traiter l'assurance-vie comme un simple placement financier classique : c'est juridiquement un contrat d'assurance, avec un régime fiscal et successoral propre distinct des titres financiers détenus en direct.

Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §7.6

§ 7.7 · bloc C · 1 question

Produits dérivés

Un produit dérivé tire sa valeur de celle d'un actif sous-jacent, sans nécessiter la détention directe de cet actif.

  • Options : donnent le droit, mais non l'obligation, d'acheter (call) ou de vendre (put) le sous-jacent à un prix fixé.
  • Contrats futures : engagement ferme d'acheter ou de vendre le sous-jacent à une échéance donnée, standardisé et négocié sur un marché organisé.
  • Swaps : échange de flux financiers entre deux parties, par exemple taux fixe contre taux variable.
  • Sous-jacents usuels : actions, taux d'intérêt, devises, crédit, matières premières, crypto-actifs.
  • Les options binaires et les CFD sont des produits dérivés hautement spéculatifs, dont la commercialisation aux particuliers est strictement encadrée voire restreinte.
Piège

Le piège classique

Confondre option (droit, pas d'obligation, perte limitée à la prime pour l'acheteur) et future (engagement ferme, perte potentiellement illimitée pour les deux parties).

Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §7.7

§ 7.8 · bloc C · 2 questions

Valorisation et souscription-rachat des OPC

Un organisme de placement collectif (OPC) est valorisé périodiquement sur la base de la valeur de marché de ses actifs.

  • La valeur liquidative (VL) résulte de la division de l'actif net du fonds par le nombre de parts en circulation.
  • La fréquence de valorisation (quotidienne, hebdomadaire...) est définie dans le prospectus du fonds.
  • Les ordres de souscription et de rachat sont centralisés avant une heure limite (cut-off), puis exécutés sur la base de la prochaine valeur liquidative connue (règle du cours inconnu).
Piège

Le piège classique

Croire qu'un ordre de souscription est exécuté sur la valeur liquidative déjà connue au moment de l'ordre : la règle du cours inconnu impose l'exécution sur la prochaine VL calculée après l'heure limite de centralisation.

Source : RG AMF, article 411-19 ; instruction AMF DOC-2010-09, §7.8

§ 7.9 · bloc C · 2 questions

Biens divers

Les biens divers regroupent des placements atypiques (forêts, vin, œuvres d'art, panneaux photovoltaïques...) faisant l'objet d'un régime d'intermédiation spécifique.

  • La loi Sapin 2 a créé un régime d'intermédiation en biens divers, applicable dès lors qu'un droit sur un bien est proposé au public avec une perspective de rendement financier ou fiscal.
  • Les offres de biens divers doivent être enregistrées auprès de l'AMF avant toute commercialisation.
  • Ce régime vise à protéger les épargnants contre les montages frauduleux (Ponzi, biens fictifs) qui ont pu se développer sur ces segments faiblement régulés auparavant.
Piège

Le piège classique

Croire que tout placement atypique relève automatiquement de ce régime : seules les offres avec une véritable perspective de rendement financier ou fiscal, proposées au public, entrent dans le champ de l'obligation d'enregistrement.

Source : Loi n° 2016-1691 (Sapin 2) ; Code monétaire et financier, article L. 551-1 ; instruction AMF DOC-2010-09, §7.9

§ 7.10 · bloc C · 2 questions

Crypto-actifs : le régime MiCA

Depuis le 1er juillet 2026, le régime français PSAN a définitivement laissé place au cadre européen MiCA : seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés peuvent exercer en France.

  • Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) s'applique aux prestataires depuis le 30 décembre 2024. La période transitoire française pour les anciens PSAN s'est achevée le 30 juin 2026.
  • Depuis le 1er juillet 2026, exercer un service sur crypto-actifs en France suppose un agrément PSCA délivré sous MiCA, avec passeport européen à la clé : l'enregistrement PSAN simple n'existe plus.
  • Services couverts : conservation pour compte de tiers, exploitation d'une plateforme de négociation, échange contre monnaie ayant cours légal ou contre d'autres crypto-actifs, réception-transmission d'ordres, conseil.
  • Émission de crypto-actifs : l'émetteur publie un livre blanc (white paper) notifié à l'autorité compétente. Ce n'est pas un agrément ni une approbation du projet.
  • Catégories particulières : les jetons se référant à un ou des actifs (ART) sont soumis à agrément, les jetons de monnaie électronique (EMT) ne peuvent être émis que par un établissement de crédit ou de monnaie électronique.
  • L'ancien régime PACTE (enregistrement PSAN obligatoire, visa AMF optionnel sur les ICO) appartient désormais à l'histoire réglementaire, mais peut encore être évoqué à titre de comparaison.
Piège

Le piège classique

Répondre « PSAN » ou « visa AMF sur l'ICO » par réflexe : ces réponses sont périmées depuis le 1er juillet 2026. Retenir aussi que la notification d'un livre blanc n'est ni un agrément ni une validation du projet par le régulateur.

Source : Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA) ; Code monétaire et financier, articles L. 54-10-1 et suivants ; communiqués AMF sur la fin de la période transitoire (2026)

Teste-toi sur ce thème

Une question de l'app, au format de l'examen, sur le sous-thème qui pèse le plus.

Instruments financiers et crypto-actifs · bloc C

Le risque lié à une défaillance du règlement-livraison ou à l'indisponibilité d'un système d'information est qualifié de :

Contenu rédigé pour AMF Expert à partir du programme officiel (instruction AMF DOC-2010-09) et des textes cités. AMF Expert est un site indépendant, sans lien avec l'AMF. Notre méthode.