Gestion collective
Thème 8 du programme · mis à jour le 4 novembre 2026
Ce thème pèse 25 questions sur 120, soit 25 en bloc C. Toutes ses questions relèvent du bloc C, la culture financière.
§ 8.1 · bloc C · 1 question
Acteurs de la gestion d'actifs
La gestion collective mobilise plusieurs acteurs aux rôles distincts et complémentaires, soumis à des obligations propres vis-à-vis du régulateur.
- Société de gestion de portefeuille (SGP) : gère les OPC, agréée par l'AMF, avec un dirigeant et un RCCI eux-mêmes soumis à agrément ou déclaration.
- Dépositaire : conserve les actifs du fonds et contrôle la régularité des décisions de la société de gestion, fonction distincte et indépendante de la gestion.
- Prime broker : offre des services aux fonds (financement, prêt de titres) principalement pour la gestion alternative.
- Administrateur de fonds / valorisateur : calcule la valeur liquidative du fonds.
- Expert externe en évaluation et commissaire aux comptes : interviennent pour certains types de fonds (immobilier notamment) ou pour la certification des comptes.
Le piège classique
Confondre le rôle du dépositaire (conservation et contrôle) avec celui de la société de gestion (décisions d'investissement) : leur séparation est un principe fondamental de protection de l'épargnant.
Source : Code monétaire et financier, articles L. 214-1 et suivants ; instruction AMF DOC-2010-09, §8.1
§ 8.2.1 · bloc C · 1 question
Fondamentaux de la gestion d'actifs
La gestion pour compte de tiers s'exerce soit par mandat individualisé, soit via un organisme de placement collectif mutualisant les avoirs de plusieurs investisseurs.
- Mandat de gestion : contrat individuel, le gérant décide pour le compte du client selon un profil convenu, sans mutualisation avec d'autres investisseurs.
- OPCVM et FIA : véhicules collectifs mutualisant les capitaux de plusieurs porteurs, avec des règles de répartition des risques (limites de concentration par émetteur, par exemple) pour limiter l'exposition à un seul risque.
- L'OPC a l'obligation d'honorer les demandes de souscription et de rachat de ses porteurs, sauf circonstances exceptionnelles prévues par le prospectus (gates, suspension).
Le piège classique
Croire qu'un OPCVM peut refuser librement un rachat : l'obligation d'honorer les rachats est un principe fort, seules des circonstances exceptionnelles et encadrées permettent d'y déroger temporairement.
Source : Code monétaire et financier, article L. 214-7 ; instruction AMF DOC-2010-09, §8.2.1
§ 8.2.2 · bloc C · 2 questions
Mesures de performance et facteurs de risque
Plusieurs indicateurs permettent d'apprécier la performance d'un fonds en tenant compte du risque pris pour l'obtenir.
- Ratio de Sharpe : rapporte l'excédent de rendement du fonds par rapport au taux sans risque à son écart type (risque total).
- Performance absolue : rendement brut du fonds sur une période. Performance relative : écart par rapport à un indice de référence (benchmark).
- L'horizon de placement recommandé doit être cohérent avec la stratégie et la volatilité du fonds.
- La volatilité mesure l'amplitude des variations de la valeur liquidative, un indicateur de risque à ne pas confondre avec la performance elle-même.
Le piège classique
Comparer deux fonds uniquement sur leur performance brute sans tenir compte du risque pris pour l'obtenir : un ratio de Sharpe plus faible peut signaler une performance obtenue avec une prise de risque excessive.
Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §8.2.2
§ 8.4 · bloc C · 2 questions
Cadre réglementaire de la gestion sous mandat
Plusieurs directives européennes structurent le cadre de la gestion collective selon le type de fonds et sa vocation.
- UCITS (OPCVM) : directive européenne harmonisant les fonds ouverts au grand public, avec passeport européen de commercialisation.
- AIFM : directive encadrant les gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs (FIA), avec des règles de transparence et de gestion des risques adaptées.
- MMF : règlement européen spécifique aux fonds monétaires, renforçant leur résilience face aux risques de rachat massif.
Le piège classique
Confondre le champ UCITS (OPCVM, fonds ouverts grand public harmonisés) et AIFM (FIA, spectre plus large incluant des fonds réservés à des investisseurs professionnels ou avertis) : ce sont deux cadres distincts avec des obligations différentes.
Source : Directive 2009/65/CE (UCITS) ; directive 2011/61/UE (AIFM) ; règlement (UE) 2017/1131 (MMF)
§ 8.5 · bloc C · 3 questions
Typologie des organismes de placement collectif
La famille des OPC regroupe des véhicules aux règles et publics très différents, des OPCVM grand public aux fonds professionnels spécialisés.
- OPCVM : fonds ouverts au grand public, respectant des règles harmonisées de diversification et de liquidité.
- FIA ouverts aux non professionnels : fonds d'investissement à vocation générale, FCPR (capital-risque), FCPI (innovation), FIP (proximité), OPCI (immobilier), SCPI (pierre-papier), SICAF.
- FIA réservés aux investisseurs professionnels : fonds professionnels à vocation générale, OPCI professionnels...
- Fonds d'épargne salariale (FCPE), fonds européens d'investissement à long terme (ELTIF), fonds monétaires.
- Organismes de financement : organismes de titrisation, organismes de financement spécialisés.
- ETF (Exchange Traded Fund) : fonds indiciel coté, négociable en continu sur un marché comme une action.
Le piège classique
Confondre SCPI (part de société civile, non cotée, liquidité limitée) et OPCI (organisme de placement collectif immobilier, plus liquide, combinant immobilier et actifs financiers) : leurs profils de liquidité diffèrent significativement.
Source : Code monétaire et financier, articles L. 214-24 et suivants ; instruction AMF DOC-2010-09, §8.5
§ 8.6 · bloc C · 1 question
Types de gestion
La gestion collective se décline selon différentes approches, actives ou passives, généralistes ou spécialisées.
- Gestion active : le gérant cherche à surperformer un indice de référence par ses choix de titres et de timing.
- Gestion passive : le fonds réplique la composition d'un indice, avec des frais généralement plus faibles.
- Gestion thématique : concentrée sur un secteur, une zone géographique ou une taille d'entreprise (mid cap, small cap).
- Gestion alternative : stratégies visant une performance peu corrélée aux marchés traditionnels (long/short, arbitrage...).
Le piège classique
Croire que la gestion passive élimine tout risque : elle réplique la performance de son indice, y compris à la baisse, elle ne protège pas du risque de marché.
Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §8.6
§ 8.7 · bloc C · 15 questions
Finance durable : ISR, ESG, finance verte et solidaire
La finance durable intègre des critères extra-financiers (environnementaux, sociaux, de gouvernance) dans les décisions d'investissement, avec plusieurs approches et labels distincts. C'est le sous-thème le plus dense de tout l'examen, à lui seul 15 questions sur 120.
- ISR (Investissement Socialement Responsable) : démarche intégrant systématiquement des critères ESG (environnement, social, gouvernance) à l'analyse financière ; le label ISR public en atteste.
- Nouveau référentiel du label ISR (décret de décembre 2023) : en vigueur depuis le 1er mars 2024 pour les nouveaux fonds candidats, et depuis le 1er janvier 2025 pour les fonds déjà labellisés. Il exclut désormais le charbon, les énergies fossiles non conventionnelles et les entreprises lançant de nouveaux projets d'exploration, d'exploitation ou de raffinage d'hydrocarbures, et relève le taux de sélectivité de 20 % à 30 %.
- Approches de gestion ESG : intégration ESG (simple prise en compte), Best-in-Class (sélection des meilleurs élèves de chaque secteur, sans excusion sectorielle), Best-in-Universe (sélection des meilleurs élèves tous secteurs confondus), Best effort (privilégie les entreprises en progrès), exclusions (sectorielles ou normatives), engagement actionnarial (dialogue et vote pour faire évoluer les pratiques), investissement à impact (recherche d'un impact mesurable en plus du rendement financier).
- Finance verte : dédiée à la transition écologique, illustrée par les green bonds (obligations vertes) et les fonds bas carbone ; le label GreenFin, délivré par l'État, en atteste la qualité.
- Finance solidaire : finance les acteurs de l'économie sociale et solidaire, via des fonds solidaires (dits 90/10) ou des titres associatifs ; le statut ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale) et le label Finansol en sont les repères.
- RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) : englobe les risques climat et ESG au niveau de l'entreprise elle-même, la déclaration de performance extra-financière, la gouvernance et les politiques de rémunération, la raison d'être.
- Notation extra-financière : réalisée par des agences spécialisées (distinctes des agences de notation de crédit classiques), avec une diversité de méthodologies sur un marché encore en évolution.
Le piège classique
Confondre Best-in-Class (comparaison au sein de chaque secteur, permettant d'investir même dans des secteurs contestés via leurs meilleurs élèves) et exclusion sectorielle (élimination pure et simple d'un secteur entier, comme le charbon, quelle que soit la performance ESG relative de chaque entreprise) : ce sont deux logiques opposées.
Source : Label ISR, référentiel réformé (décret publié au JO du 15 décembre 2023, applicable depuis le 1er mars 2024) ; label GreenFin ; label Finansol ; loi PACTE (raison d'être) ; instruction AMF DOC-2010-09, §8.7
Teste-toi sur ce thème
Une question de l'app, au format de l'examen, sur le sous-thème qui pèse le plus.
Gestion collective · bloc C
L'approche de gestion ESG dite « Best-in-Class » consiste à :
Le Best-in-Class sélectionne les meilleurs élèves ESG au sein de chaque secteur, permettant de rester investi dans tous les secteurs (y compris ceux plus controversés) via leurs acteurs les plus vertueux relativement à leurs pairs.
Les pièges
- écarter des secteurs entiers jugés controversés, comme le charbon : C'est l'exclusion sectorielle, une approche distincte : le Best-in-Class reste investi dans tous les secteurs, via leurs meilleurs élèves.
- investir dans les entreprises dont l'activité a un impact social mesurable : C'est la définition de l'investissement à impact, une approche différente du Best-in-Class.
Source : Instruction AMF DOC-2010-09, §8.7
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